Le bénévolat fait vivre

Le bénévolat pourrait contribuer à améliorer l'état de santé en développant le réseau social des retraités, en leur permettant d'accéder à des ressources et en améliorant leur sens de l'efficacité. Une étude de SJ Lee et al, professeur adjoint de gériatrie à l'Université de Californie à San Francisco (Etats-Unis), portant sur six mille quatre cents retraités de plus de soixante-cinq ans vivant à domicile (Health and retirement study), montre que le bénévolat est associé à une réduction de la mortalité : 12% des personnes ayant une activité bénévole au cours des douze mois précédant l'étude sont décédées, contre 26% des personnes sans activité bénévole. Cette association est toujours observée après ajustement sur facteurs confondants (données socio-économiques, syndromes gériatriques, pathologies chroniques, état fonctionnel, dépression, cognition et état de santé ressenti par la personne).

La Revue de Gériatrie. SJ Lee et al. Bénévolat et mortalité chez les vieux américains. Septembre 2009.

Bénévoles : une place particulière

Pour Etienne Hervieux, directeur de l'accompagnement des personnes malades à l'association Les petits frères des Pauvres, le bénévole est un tiers non impliqué dans l'histoire ou les enjeux affectifs, économiques et sociaux de la personne qu'il accompagne. Il occupe également une position de pair aux yeux de l'aidant familial. « Il n'est pas vu comme un professionnel, même s'il est compétent. Il est, comme lui, dans une relation d'aide gratuite, du moins sans rétribution financière en retour, ni attente thérapeutique. C'est un alter ego, un « pair en humanité », qui de plus a du temps, un bien rare pour construire et entretenir toute rencontre ».

Documents Cleirrpa. Hervieux E. Accompagner les aidants : l'expérience des petits frères des Pauvres. Août 2009, reçu en octobre 2009.

Evolution de l'entourage familial à l'horizon 2030

L'étude FELICIE (Future Elderly Living Conditions in Europe), soutenue par la Commission européenne, explore les évolutions probables du risque de dépendance, physique et psychique, selon les différentes situations familiales. L'entourage familial est amené à changer en raison de deux tendances de fond : d'une part, la baisse du veuvage, l'espérance de vie des hommes se rapprochant de celle des femmes, et d'autre part, la proportion croissante de divorcés. Les femmes pourront compter en théorie plus souvent sur la présence d'un conjoint pour faire face à leur dépendance. En revanche, les hommes seront moins souvent en couple. La population âgée sans famille va reculer : la fraction de la population de soixante-quinze ans et plus qui sera sans conjoint ni enfant progressera beaucoup plus faiblement ( 25%) que l'effectif des personnes âgées dépendantes ( 75%), dans l'hypothèse d'un état de santé stable. Une amélioration de l'état de santé pourrait changer considérablement l'amplitude de la croissance des besoins d'assistance : le taux de croissance de la population dépendante serait divisé par deux (de 72% à 41%), et la population n'ayant plus d'aidant diminuerait ou resterait stable dans la plupart des pays. La population dépendante sera plus souvent composée de couples dont les deux membres souffriront d'incapacité, ce qui fera grossir la population demandeuse d'aide professionnelle : « à l'avenir, plus encore qu'aujourd'hui, les politiques de prise en charge de la dépendance devront envisager en priorité l'aide aux aidants », souligne l'Institut national d'études démographique (INED).
Des projections ont été faites selon deux scénarios. Dans l'un, les taux d'incapacité par âge et par statut matrimonial ont été maintenus constants. Dans l'autre, les chercheurs font l'hypothèse que toutes les années gagnées en espérance de vie sont des années en bonne santé : les taux d'incapacité diminuent alors à chaque âge de l'ordre de 20% d'ici à 2030. Certains facteurs, comme l'élévation du niveau d'instruction des personnes âgées, la moindre pénibilité des professions ou l'amélioration des comportements de prévention, rendent le second scénario le plus probable. Mais l'INED souligne : « les projections n'intègrent pas d'éventuels changements en matière d'obligations entre parents et enfants, de désir d'indépendance résidentielle des générations, de normes sociales ou encore d'orientation politique en matière de prise en charge de la dépendance ».

www.toutprevoir.gpm.fr, octobre 2009. INED, www.felicie.org, 28 octobre 2009.

Gérer le vieillissement et la dépendance : vers un conflit de générations ?(3)

Selon Claudine Attias-Donfut, le développement de technologies adaptées contribuerait à pallier l'insuffisance des moyens humains. Dans ce domaine, la France accuse un certain retard par rapport à d'autres pays d'Europe du Nord. Un développement technologique et des structures d'accueil sont nécessaires pour faire face à la demande grandissante des familles souhaitant recourir à des services spécialisés dans l'accompagnement des mourants. Les soins palliatifs font partie d'un changement profond dans l'attitude à l'égard de la mort, actuellement en pleine mutation dans les sociétés modernes. Ils symbolisent à la fois la levée du tabou sur la mort qui a caractérisé la fin du vingtième siècle et la conception d'une mort digne, en entourant le mourant et en soulageant ses souffrances.

Le Monde, 24 octobre 2009.

Gérer le vieillissement et la dépendance : technologies et services (3)

Selon Claudine Attias-Donfut, le développement de technologies adaptées contribuerait à pallier l'insuffisance des moyens humains. Dans ce domaine, la France accuse un certain retard par rapport à d'autres pays d'Europe du Nord. Un développement technologique et des structures d'accueil sont nécessaires pour faire face à la demande grandissante des familles souhaitant recourir à des services spécialisés dans l'accompagnement des mourants. Les soins palliatifs font partie d'un changement profond dans l'attitude à l'égard de la mort, actuellement en pleine mutation dans les sociétés modernes. Ils symbolisent à la fois la levée du tabou sur la mort qui a caractérisé la fin du vingtième siècle et la conception d'une mort digne, en entourant le mourant et en soulageant ses souffrances.

Le Monde, 24 octobre 2009.

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