Travail invisible

Dans son rapport sur la non-discrimination fondée sur le sexe et la solidarité entre les générations adopté le 3 février, le Parlement européen constate que le sous-développement des services de garde d’enfants et des services de soins aux personnes dépendantes freine l’intégration des femmes sur le marché du travail. Afin d’améliorer l’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle, les eurodéputés demandent aux Etats-membres d’adopter des mesures en vue de « reconnaître le travail invisible et informel accompli dans le domaine de la solidarité entre les générations ». Une validation des acquis de l’expérience, en matière d’éducation ou de soins aux personnes dépendantes, devrait être proposée dans ce cadre, souligne Anna Zaborska, le rapporteur slovaque. Les Etats-membres sont invités à promouvoir des activités associant plusieurs générations.
Parlement européen. Zaborska A. Rapport A6-0492/2008 sur la non-discrimination basée sur le sexe et la solidarité entre les générations, 10 décembre 2008. www.europarl.europa.eu , 3 février 2009.

Lâcher prise

La mise en confiance accompagnant les parcours de personnes malades passe par l’acceptation du « lâcher prise » et la victoire sur les réticences à utiliser les structures mises à leur disposition. Geneviève Baud, de l’Association haut-rhinoise d’aide aux personnes, présentant le projet de « répit sans séparation des Escapades familiales à Mulhouse, qui vise à sortir du ghetto de la maladie le couple aidant/personne malade, insiste sur « le plaisir de vivre des moments en couple, d’être reconnu comme tel par des regards bienveillants, le désir de rester ensemble, la valorisation des savoir-faire et des savoir-être des aidants, leur implication bénévole ou encore le contre-don et la reconnaissance à travers une offre accrue de répit.
Union sociale , janvier 2009.

Accueil temporaire en unité de soins Alzheimer: intérêt et limites

L’hébergement temporaire en unité de soins Alzheimer est une formule d’accueil limitée dans le temps, qui s’adresse à une personne âgée souffrant de troubles cognitifs rendant sa prise en charge à domicile particulièrement éprouvante pour l’aidant principal. Cette solution de répit doit répondre à un cahier des charges précis, défini réglementairement, tout en gardant une certaine souplesse de fonctionnement, afin d’offrir une réponse adaptée à chaque situation. Le séjour doit être bien préparé en amont afin d’éviter le glissement vers un hébergement définitif. Les équipes de l’unité mobile de gériatrie et de l’unité de soins de longue durée (USLD) du centre hospitalier de Mâcon précisent l’intérêt et les limites de ce type d’accueil, qui s’adresse à une population fragile en déclin fonctionnel, avec un risque de détérioration de son état de santé.
Soins Gérontologie, janvier-février 2009.

Accueil rural

Autonomie et sécurité : il existe cent trente maisons d’accueil rurales pour personnes âgées (MARPA), accueillant chacune quinze à vingt-quatre résidents, entrés en moyenne à quatre vingt-cinq ans. Une centaine de projets devraient voir le jour dans les cinq ans. La Mutualité sociale agricole apporte l’essentiel de l’effort logistique et financier. Ces petites unités de vie créent en général six à sept emplois en équivalent temps plein et génèrent des échanges économiques, selon Daniel Cagnard, coordinateur des MARPA de la Somme. L’idée fondatrice de ces petits unités de vie non médicalisées était de permettre aux personnes âgés non dépendantes, mais ne souhaitant plus vivre seules, de reconstituer un lieu familier dans un environnement collectif et convivial, en stimulant les usagers pour qu’ils restent actifs le plus longtemps possible : c’est à eux qu’il revient d’entretenir leur appartement, en faisant éventuellement appel à des auxiliaires de vie extérieures. Le concept s’est élargi aux personnes âgées dépendantes. Les petits gestes sont encouragés dans un double but préventif et thérapeutique : « je coupe le pain, je sers le vin, je tiens la porte aux personnes moins vaillantes que moi. Cela me donne le sentiment d’être utile », déclare Marie Porcher, une résidente de quatre vingt-dix ans. Dans sa résidence, chaque personne dispose d’un logement particulier de trente-deux mètres carrés, avec coin cuisine et jardin. Le loyer varie de mille deux cents à mille six cents euros par mois.
La Gazette Santé-social , 26 mars 2008.

Droit des aidants

Répondant à une question de la sénatrice de la Loire Josiane Mathon-Poinat sur la situation des aidants familiaux, le ministère du Travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité a rappelé la loi n°2005-102 du 11 février 2005 qui a permis la reconnaissance juridique des aidants familiaux, mais aussi le bénéfice d’un certain nombre de droits nouveaux, notamment le droit à la formation (L. 248-1 du code de l’action sociale et des familles) et la validation des acquis de l’expérience (VAE), s’ils souhaitent s’engager dans une carrière médico-sociale. Dans le cadre des plans régionaux des métiers au service des personnes handicapées et des personnes âgées dépendantes, annoncés le 12 février 2008, la priorité a été donnée à des objectifs ambitieux en matière de VAE, notamment afin de permettre aux aidants familiaux d’accéder à des formations et d’acquérir la reconnaissance de leur expérience en termes d’accompagnement. Les politiques de professionnalisation devront tenir compte des spécificités liées à l’intervention des aidants familiaux (remplacement, financement...). Il est aussi envisagé d’associer les aidants familiaux aux formations des professionnels, afin de faciliter la construction d’une relation aidants-aidés-professionnels sur la base de la complémentarité réciproque. Par ailleurs, l’article 125 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2007 a institué le congé de soutien familial en faveur de personnes salariées ou non salariées devant cesser leur activité professionnelle pour s’occuper d’un proche souffrant d’un handicap ou d’une perte d’autonomie d’une particulière gravité. Il s’agit donc d’un congé non rémunéré d’une durée de trois mois, renouvelable dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière, ouvrant des droits à l’assurance vieillesse. Cette mesure offre la possibilité à une personne exerçant une activité professionnelle de l’interrompre temporairement pour s’occuper d’un proche gravement handicapé ou dépendant. À l’instar du congé de solidarité familiale, la loi n’a prévu ni la rémunération, ni l’indemnisation du congé de soutien familial. Toutefois, il n’est pas interdit aux employeurs de prévoir des dispositions plus favorables que la loi.
Sénat. Question 01033 de Josiane Mathon-Poinat. JO Sénat du 22 janvier 2009.

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