Approches linguistiques et culturelles (2)

Comment s’adapter à la diversité linguistique des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, et comment aborder les normes culturelles pouvant faire obstacle à la reconnaissance et à l’intervention précoce auprès de ces personnes ?

Le site de l’Association Alzheimer des Etats-Unis est multilingue : trois portails sont proposés (anglais, espagnol, asiatique : chinois han, coréen, vietnamien) ainsi qu’un documentaire intitulé « exploration du cerveau » dans ces langues, ainsi qu’en arabe, bosniaque, finnois, français, allemand, italien, japonais, polonais, portugais et russe

Aux Etats-Unis, la communauté hispanique est celle connaît la plus grande croissance démographique. Le nombre de personnes d’origine hispanique atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre démence devrait passer de deux cent mille à 1.3 million d’ici à 2050, Le risque de survenue de la maladie d’Alzheimer est 1.5 fois plus élevé dans la communauté hispanique américaine que dans la population blanche non hispanique.

Approches linguistiques et culturelles (4)

Toujours aux Etats-Unis, une étude de l’école de sciences sociales de l’Université d’Etat de San Jose (Californie, Etats-Unis), menée auprès de deux cents immigrants d’origine coréenne, montre que la maladie d’Alzheimer, très stigmatisée, est interprétée comme une forme de folie, la perte de mémoire étant considérée comme faisant partie du processus de vieillissement. Les personnes les moins acculturées et les moins exposées à la maladie d’Alzheimer sont celles qui connaissent le moins la maladie. Les attributions causales de la démence chez les immigrants coréens peuvent être regroupées en trois dimensions : psychologique, physique et environnementale, cognitive et sociale. Les personnes les plus jeunes ayant un niveau d’éducation plus élevé attribuent davantage la démence à des causes physiques et environnementales. Les jeunes en général attribuent davantage la démence à des causes cognitives ou sociales.

Lee SE et al. Causal attributions of dementia among Korean American immigrants. Journal of Gerontology and Social Work 2010; 53(8): 743-759. Novembre 2010. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20972929. Lee SE et al. What do Korean American immigrants know about Alzheimer's disease (AD)? The impact of acculturation and exposure to the disease on AD knowledge. Int J Geriatr Psychiatry 2010; 25(1): 66-73. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19551701.

Approches linguistiques et culturelles (3)

En Australie, la prévalence de la démence dans la population aborigène, encore mal étudiée, serait cinq fois plus élevée que dans le reste de la population, selon les épidémiologistes de l’hôpital Post Office Royal de Brisbane (Queensland). Une enquête menée auprès de cent soixante-quatorze adultes aborigènes, à l’aide d’une version adaptée du questionnaire ADK (Alzheimer’s Disease Knowledge Test) explore « les croyances, le manque de connaissance (knowledge gaps) et les conceptions erronées (misconceptions) de la maladie ». Le niveau global de compréhension de la démence est faible, et significativement plus faible chez les jeunes que dans les autres classes d’âge. Les auteurs suggèrent de concevoir des campagnes de sensibilisation culturellement adaptées et des interventions ciblées d’éducation à la santé auprès de la population aborigène.

Garvey G et al. Making sense of dementia: understanding amongst indigenous Australians. Int J Geriatr Psychiatry, 22 octobre 2010. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20973106

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