Maltraitance : quelle aide ?

Selon Dominique Gaston-Raoul, délégué au pôle Santé du Défenseur des droits, 30% des saisines du pôle santé réalisées par les familles de patients, de résidents d’établissements hospitaliers ou d’établissements d’hébergement concernent des cas de maltraitance envers des personnes âgées ou en situation de handicap. Il s’agit principalement de violences par excès ou de négligence. Quelle que soit leur nature, elles entraînent une accélération de la perte d’autonomie des personnes âgées. L’association les petits frères des Pauvres rappelle que, depuis 2007, elle a construit un savoir-faire dans l’accompagnement de situations difficiles en apportant leur soutien à l’ensemble des acteurs de l’association qui peuvent se retrouver, un jour ou l’autre, confrontés à des situations de maltraitance, avec une coordination nationale des actions de prévention et de lutte contre ces situations, et une cellule d’appui-conseil dédiée au traitement des situations préoccupantes signalées par des acteurs de l’association salariés ou bénévoles. Cette cellule sert principalement d’espace d’écoute pour la personne âgée et les différents acteurs concernés, y compris la personne maltraitante, et permet d’engager une réflexion sur les actions menées ou éventuellement à engager. En 2014, soixante-quatorze situations ont été traitées.

www.senioractu.com, 16 juin 2015.

Collaboration entre aidants et professionnels (1)

Astrid Stephan et ses collègues, de l’Institut de la santé et des sciences infirmières de l’Université Martin Luther à Halle-Wittenberg (Allemagne), ont réuni trente professionnels de santé et aidants de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, pour identifier les conditions d’une collaboration réussie. Les facteurs facilitants sont un relais d’information suffisant, des responsabilités claires, de la motivation, des objectifs définis et une relation personnelle entre l’aidant et le professionnel. Les obstacles à une bonne collaboration sont les changements rapides de personnel, le manque de temps et la concurrence financière entre les établissements. Les professionnels et les aidants ont des conceptions comparables en ce qui concerne une collaboration réussie.

Stephan A et al. Successful collaboration in dementia care from the perspectives of healthcare professionals and informal carers in Germany: results from a focus group study. BMC Health Serv Res.; 1 5: 208. 28 mai 2015.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4446073/pdf/12913_2015_Article_875.pdf (texte intégral).

Collaboration entre aidants et professionnels (2)

Pour la sociologue Marion Villez, responsable du pôle Initiatives locales de la Fondation Médéric Alzheimer, « l’enjeu majeur de la qualité de vie à domicile réside dans la construction d’une culture et d’un langage communs entre les intervenants et d’un décloisonnement entre les services proposés ». Mais comment mettre concrètement en œuvre cette concertation ? Quels sont les risques et les enjeux de l’accompagnement à domicile ? « Une multiplicité d’aidants intervient en parallèle auprès de la personne malade : aides à domicile, infirmiers, équipes spécialisées Alzheimer, bénévoles, etc. Bien que cette diversité constitue un atout pour un accompagnement au plus près des besoins des bénéficiaires, l’absence de coopération entre les intervenants peut être dommageable et représente donc l’un des enjeux sur lequel faire porter davantage d’efforts. Il est également important de renforcer le dialogue entre les équipes des dispositifs existants (tels que l’accueil de jour ou l’hébergement temporaire) et les intervenants à domicile. Sinon, des ruptures peuvent survenir dans le parcours de prise en charge, dont on sait qu’elles sont néfastes tant pour les personnes malades que pour les professionnels, démunis et frustrés de ne pouvoir travailler dans la durée et dans une réelle complémentarité. » Comment garantir alors une aide réellement adaptée au long cours ? « Face à des pathologies évolutives, imposant des ajustements permanents, il convient de ménager des moments de rencontres, de concertation et d’échange pour les intervenants. Face au risque de fragmentation, nombre d’équipes ont su explorer de nouvelles organisations favorisant une plus grande cohérence et continuité dans l’accompagnement. De nombreuses initiatives se développent en ce sens. Il peut s’agir, à titre d’exemples, de renforcer l’encadrement des professionnels au contact des personnes malades ou de créer des passerelles entre les acteurs d’un même service ou de services différents. On voit alors émerger des démarches favorisant le partage et le transfert d’expériences entre les services d’aide et de soins infirmiers et les accueils de jour, grâce à des formations communes, à des actions conjointes ou à des temps d’échange sur les bonnes pratiques. » Quels bénéfices peut-on attendre de cette cohésion d’ensemble ? Pour Marion Villez, « travailler de manière transversale et décloisonnée permet aux intervenants d’élaborer et de s’approprier un langage commun, d’améliorer leurs pratiques ainsi que de comprendre et reconnaître le savoir-faire de chacun. Des professionnels mieux reconnus et soutenus accompagneront d’autant mieux les personnes malades et leurs proches. »

Mieux vivre ensemble la maladie d’Alzheimer. Lettre d’information n°1. Juillet 2015. www.fondation-mederic-alzheimer.org, juillet 2015.

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