Aidants en activité professionnelle : mieux communiquer pour changer le regard

« Alors que les pouvoirs publics tendent de plus en plus à faire reposer le système de prise en soin des personnes en situation de perte d’autonomie sur l’implication des proches aidants, France Alzheimer et maladies apparentées souhaite alerter l’opinion publique et les responsables politiques sur les difficultés que rencontrent nombre d’entre eux, contraints de concilier ce rôle avec l’exercice d’une activité professionnelle ». Un Livre blanc, remis au Gouvernement à l’occasion de la Journée mondiale Alzheimer du 21 septembre 2016, « appelle l’ensemble des parties-prenantes (pouvoirs publics, entreprises, partenaires sociaux...) à réfléchir collectivement afin de trouver des réponses efficaces » aux besoins de ces aidants, en proposant quatre axes. Le premier vise à « mieux communiquer pour favoriser un changement de regard sur les aidants en activité professionnelle » Pour France Alzheimer, « trop nombreux encore sont les aidants qui taisent l’accompagnement d’un proche malade par crainte d’être déconsidérés par leur hiérarchie et incompris de leurs collègues » : il faut « libérer la parole et réaffirmer avec force qu’être aidant est une richesse pour l’entreprise et la société toute entière. » L’Association propose de lancer une campagne nationale d’information de sensibilisation sur les aidants en activité professionnelle ; informer les aidants en activité professionnelle sur leurs droits ; sensibiliser les salariés et la médecine du travail aux problématiques rencontrées par les aidants ; reconnaître et faire prendre conscience des compétences acquises par les aidants dans le cadre extra-professionnel. »

http://30ans.francealzheimer.org/node/453#node-457, France Alzheimer. Livre blanc. Plaidoyer pour les aidants en activité professionnelle. 21 septembre 2016. www.francealzheimer.org/sites/default/files/livre%20blancBD.pdf (texte intégral).

Aidants en activité professionnelle : libérer la parole

Lors de la remise du Livre blanc, Pascale Boistard, secrétaire d’État chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie, a déclaré : « il est temps de réfléchir et d’inventer des solutions, pour que les salariés aidants ne soient pas doublement pénalisés. Il est temps que, dans un élan collectif de prise de conscience, nous trouvions ensemble, des accords de branche ou d’entreprise qui permettent à chacune et chacun de rester dans la vie active, tout en donnant du temps pour ses proches, en perte d’autonomie. Pour cela, la première chose à faire est de libérer la parole. Car, c’est en prenant la mesure des besoins, en prenant conscience que de nombreuses personnes au sein d’une entreprise sont confrontées aux mêmes difficultés et aux mêmes impératifs, que nous ferons évoluer positivement les choses. De manière réaliste et pragmatique. »

Aidants en activité professionnelle : agir sur les conséquences financières de l’arrêt d’activité

Le deuxième axe vise à « agir sur les conséquences financières d’une éventuelle suspension de travail et favoriser la continuité de carrière des aidants ». Pour France Alzheimer, « l’engagement des aidants auprès de proches malades place de nombreuses familles dans de graves situations de précarité financière. Dans l’état actuel du droit, les suspensions ou arrêts définitifs de l’activité professionnelle ne sont souvent pas ou que peu rémunérés. Compte-tenu de la contribution des aidants au système de prise en charge de la perte d’autonomie, et du poids dont ils allègent ainsi la collectivité, France Alzheimer souhaite que leur soient garantis de nouveaux droits. » L’Association propose ainsi d’améliorer les droits à la retraite pour les périodes d’interruption de l’activité professionnelle ; d’encourager les entreprises, par des incitations fiscales, à améliorer les droits financiers des aidants. Par exemple, accorder un crédit ou une réduction d’impôts aux entreprises qui mettraient en place des comptes épargne-temps pour leurs salariés afin de compenser des congés non rémunérés ; rendre possible la rémunération de l’aidant par l’allocation personnalisée d’autonomie, quel que soit le lien de parenté avec la personne malade.

http://30ans.francealzheimer.org/node/453#node-457, France Alzheimer. Livre blanc. Plaidoyer pour les aidants en activité professionnelle. 21 septembre 2016. www.francealzheimer.org/sites/default/files/livre%20blancBD.pdf (texte intégral).

Aidants en activité professionnelle : répondre au besoin de temps et de répit

Le troisième axe vise à « favoriser la bonne santé au travail et répondre au besoin de temps en permettant le répit de l’aidant » Pour France Alzheimer, « la contrainte temporelle, première difficulté rencontrée par les aidants, est source de nombreuses conséquences sur leur vie quotidienne et notamment sur leur activité professionnelle : risque d’épuisement, potentiels problèmes de santé, moindre productivité, faible disponibilité... » France Alzheimer propose d’améliorer et renforcer l’offre de répit en « rattrapant le retard » ; de « permettre un vrai choix » entre accueil en établissement et vie à domicile, en développant le nombre de places en structures d’accueil collectif et en agissant sur les coûts de celles-ci : de développer les accueils familiaux temporaires et permanents, et former les familles accueillantes.

http://30ans.francealzheimer.org/node/453#node-457, France Alzheimer. Livre blanc. Plaidoyer pour les aidants en activité professionnelle. 21 septembre 2016. www.francealzheimer.org/sites/default/files/livre%20blancBD.pdf (texte intégral).

Aidants en activité professionnelle : mieux les accompagner en entreprise

Le quatrième axe vise à encourager les entreprises à réfléchir aux moyens de mieux accompagner les salariés aidants. Pour France Alzheimer, « les entreprises, dans le cadre de la responsabilité sociale qui est la leur, mais aussi pour satisfaire à leurs impératifs de performance économique, doivent tout mettre en œuvre pour faciliter le quotidien de leurs salariés aidants » : « qu’elles imaginent, en fonction de leur secteur d’activité et de leur taille, des solutions pour favoriser une meilleure conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle et améliorer le sentiment de bien-être au travail. » L’Association propose de formaliser des accords d’entreprise ou des accords de branche pour faciliter la mise en place de mesures de conciliation de l’activité professionnelle avec le rôle d’aidant ; d’aménager le temps de travail, les compléments de revenus, les attributions d’aides financières ; d’intégrer la formation des aidants dans le plan de formation de l’entreprise ; de sensibiliser les cadres aux enjeux d’un management responsable.

http://30ans.francealzheimer.org/node/453#node-457, France Alzheimer. Livre blanc. Plaidoyer pour les aidants en activité professionnelle. 21 septembre 2016. www.francealzheimer.org/sites/default/files/livre%20blancBD.pdf (texte intégral).

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